Vous venez d’avoir un enfant : quel en est l’impact sur la gestion de votre patrimoine ?

Vous venez d’avoir un enfant : quel en est l’impact sur la gestion de votre patrimoine ?

Félicitations ! Vous êtes l’heureux parent d’un nouveau-né… Outre le fait que vous allez sûrement perdre quelques heures de sommeil, votre situation patrimoniale a vocation à évoluer.

Voyons ensemble les changements concrets, et ce à quoi il faut penser.

Famille

Ce que dit la loi

Fiscalement, l’arrivée d’un enfant n’est pas neutre puisque cela va augmenter vos « charges de famille » et que certaines dépenses peuvent vous procurer un avantage fiscal… Vous payerez sans doute moins d’impôt.

Concernant votre retraite, la naissance d’un enfant vous permet de disposer d’une majoration de trimestres.

Même mineur, votre enfant a droit à une épargne.

Vous pouvez prévoir qui s’occupera de lui si vous décédiez prématurément.

Impact sur votre déclaration d’impôt

1.Votre nombre de parts augmente

Le nombre de parts auquel votre foyer fiscal a droit s’apprécie au 31 décembre de l’année d’imposition. Ainsi, peu importe que votre enfant soit né en janvier ou en novembre : il sera considéré à votre charge pour l’année entière.

Si vous êtes mariés ou pacsés, le premier et le deuxième enfant rajoute une demi part chacun à votre quotient familial, et une part entière à partir du troisième enfant.

Si vous vivez en concubinage, vous faites l’objet d’une imposition séparée et un seul d’entre vous compte l’enfant à sa charge. L’autre conserve la possibilité de déduire, le cas échéant, une pension alimentaire de son revenu global.
Cependant, si vous ne désignez pas d’un commun accord celui d’entre vous qui aura la charge exclusive de l’enfant au plan fiscal, la part (ou demi part) de quotient familial attribuée au titre de l’enfant est alors partagée par moitié entre vous deux. Dans ce cas, pensez à cocher la case « garde alternée ». Attention, aucune pension alimentaire n’est déductible en cas de garde alternée.

2. Vous faites garder votre enfant, vous pouvez bénéficier d’avantages fiscaux

 

La garde d’un enfant coûte cher mais elle peut vous permettre de payer moins d’impôt !

Les avantages fiscaux sont de deux ordres : pour faire garder votre enfant à domicile, vous pouvez bénéficier de la réduction d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile et pour une garde à l’extérieur, vous pouvez disposer du crédit d’impôt pour frais de garde des jeunes enfants.

Le crédit d’impôt pour frais de garde des jeunes enfants peut vous être octroyé si votre enfant est âgé de moins de six ans et est gardé par une assistante maternelle ou en crèche collective, familiale ou parentale, en garderie péri-scolaire ou post-scolaire, en halte-garderie, au jardin d’enfants, en centre de loisirs sans hébergement. Le crédit d’impôt correspond à 50 % des dépenses engagées dans la limite de 2 300 € par enfant.

Remarque : les frais de nourriture ne sont pas pris en compte au titre de ces dépenses et la consommation d’eau, d’électricité, de chauffage… facturée aux parents peut être retenue pour un montant fixé forfaitairement à 2,65 € par journée d’accueil en 2019.

Pour bénéficier de ce crédit d’impôt, pensez à remplir la déclaration 2042 RICI case 7 GA.

Vous pouvez également faire garder votre enfant à votre domicile en employant directement un salarié ou en ayant recours à une association, une entreprise ou un organisme déclaré. Dans ce cas, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de 50 % des dépenses engagées dans la limite de 12 000 € (+ 1 500 € par enfant à charge). Ce plafond est porté à 15 000 € (+ 1 500 € par enfant à charge) si vous employez un salarié à domicile pour la première fois.

Pour bénéficier de ce crédit d’impôt, pensez à remplir la déclaration 2042 RICI case 7 DF (+ la case 7 DQ pour un premier emploi à votre domicile).

Attention :

  • Ces avantages fiscaux sont cumulables et accessibles quelle que soit votre situation familiale et que vous exerciez ou non une activité professionnelle.
  • Pour l’un ou l’autre de ces crédits d’impôt, les dépenses prises en compte doivent être diminuées du montant des aides versées par des organismes publics ou privés pour vous aider à rémunérer la garde (ex : le complément de libre choix du mode de garde, allocation versée au titre de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE)).

Impact sur votre retraite

Pour tout enfant né (ou adopté depuis 2010), une majoration de 8 trimestres de retraite est prévue : 4 trimestres pour la maternité (ou l’adoption) et 4 trimestres pour l’éducation de l’enfant.

La majoration pour maternité est toujours attribuée à la mère mais ceux accordés au titre de l’éducation peuvent être répartis entre les parents. Le mode de répartition est libre : soit 2 trimestres pour chacun des parents, soit 1 trimestre pour l’un et 3 pour l’autre soit 4 trimestres pour l’un des deux.

En effet, vous devez choisir le bénéficiaire de cette majoration et la répartition des trimestres dans les 6 mois suivant le 4ème anniversaire de l’enfant (ou du 4ème anniversaire de l’adoption). Passé ce délai, la majoration est attribuée à la mère. Parfois, il est plus optimal de les attribuer, en tout ou partie, au père !

Impact sur votre organisation patrimoniale

Avec l’arrivée d’un enfant, votre vie va probablement être chamboulée… et vous n’avez pas fini de vous faire des cheveux blancs !

Nous ne saurons pas répondre aux questions : Pourquoi ne fait-il toujours pas ses nuits ? ou Faut-il le faire vacciner ? En revanche, les questions suivantes relèvent de notre domaine : Quel avenir pour votre enfant s’il venait à vous arriver malheur ? Comment allez-vous financer ses études ? Comment l’aider à démarrer dans la vie ?

Vous pouvez prévoir qui s’occupera de votre enfant en cas de décès. La désignation de parrain/marraine religieux ou civils n’a qu’une portée morale et symbolique. Aussi, ils n’ont pas « d’autorité » juridique. Vous avez tout de même la possibilité de désigner les parrain/marraine ou un tiers, dans votre testament ou au travers d’une déclaration spéciale devant notaire, pour être le(s) tuteur(s) de votre enfant jusqu’à sa majorité.

Dès sa naissance, vous pouvez ouvrir, au nom de votre enfant, un livret d’épargne, comme un Livret A par exemple, afin de commencer à mettre de l’argent de côté pour lui, ou tout simplement pour mettre de côté ses étrennes.

Vous pouvez également le désigner bénéficiaire de votre contrat d’assurance-vie : à votre décès, les fonds capitalisés lui seront transmis dans un cadre fiscal avantageux (Voir notre guide Comprendre l’assurance-vie).

De plus, vous pouvez souscrire un contrat de prévoyance qui lui permettra de percevoir une « rente éducation » jusqu’à ses 18 ou 25 ans par exemple. Le but est ici de lui assurer notamment le financement de ses études au cas où vous ne seriez pas (ou plus) en capacité de le faire (hypothèse d’un décès ou d’une incapacité).

Plus tard, vous aurez sûrement envie de lui transmettre votre patrimoine dans les meilleures conditions possibles, sachez qu’il existe pour cela plusieurs possibilités en fonction de votre situation et de vos objectifs (Voir nos guides Transmettre son patrimoine et Protéger ses enfants). Ce projet est à construire dans une démarche « sur-mesure ».

Nos conseils pratiques

Pensez aux versement programmé

Même si vous n’avez pas tout de suite un capital à placer pour préparer financièrement l’avenir de vos enfants, commencez déjà par des versements mensuels (ou trimestriels, semestriels…) de quelques euros : plus vous commencez tôt, plus important sera le montant disponible pour votre enfant le montant venu !

Pensez à vérifier vos clauses bénéficiaires de vos contrats d’assurance-vie et/ou de prévoyance pour vous assurer qu’elles sont conformes à vos souhaits de transmission.

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