Renégocier son assurance emprunteur

Renégocier son assurance emprunteur

Vous avez sûrement souscrit une assurance emprunteur en même temps que votre prêt immobilier. Bonne nouvelle : dorénavant, vous pouvez en changer chaque année ! En effet, renégocier son taux peut vous permettre de faire de belles économies. C’est une bonne idée, et c’est aussi l’occasion de vérifier que vous avez fait les bons choix dès le départ, surtout au niveau de votre taux de couverture. Par contre, si vous comptez faire jouer la concurrence, sachez que la marge de négociation est plus réduite qu’avant car une nouvelle taxe s’applique sur la souscription d’assurance-emprunteur…

Immobilier

Ce que dit la loi

Les bases du changement d’assurance emprunteur

La résiliation des assurances-emprunteur a été facilitée ces dernières années pour mieux garantir les droits du consommateur en ouvrant la concurrence dans ce domaine.

Une assurance-emprunteur peut être résiliée à chaque date anniversaire du contrat, à condition d’y substituer un contrat qui comporte les mêmes garanties.

La date anniversaire du contrat est la date de signature de l’offre de prêt, à défaut de mention d’une date d’échéance spécifique dans le contrat d’assurance.

Comment faire? Pour résilier votre assurance-emprunteur, il faut envoyer une lettre recommandée (ou un envoi recommandé électronique) à votre assureur. Il ne pourra pas refuser la résiliation du moment que le nouveau contrat présente des garanties équivalentes au contrat en cours.

Ces dispositions s’appliquent aux assurances garantissant un crédit immobilier.

Le principe du taux de couverture

Le taux de couverture est le montant pour lequel vous êtes couvert si vous faites jouer votre assurance. La question du taux de couverture se pose principalement en présence d’un prêt immobilier contracté en couple. En effet, dans ce cas, le taux de couverture peut aller de 100% minimum (50/50) à 200% maximum (100/100). Une attention toute particulière doit être portée à cette quotité car les conséquences peuvent être graves.

Nous vous conseillons d’anticiper et de vous poser quelques questions primordiales :

  • En cas de décès ou d’invalidité d’un des membres du couple, l’autre pourrait-il continuer à rembourser seul toute la mensualité? Si non, quelle mensualité pourrait-il supporter seul?
  • Quels seront les revenus de chacun sur toute la durée du prêt?
  • Pourrez-vous toujours assumer le remboursement du crédit en cas de perte d’emploi d’un des co-emprunteurs ?

Les réponses à ces questions vous permettront d’estimer quelle part de remboursement du crédit (50%, 60%,80%, 90%, 100%…) chacun des co-emprunteurs peut assumer seul en cas de décès ou d’invalidité de l’autre.

Par exemple, si votre prêt immobilier est couvert par une assurance emprunteur avec un taux de couverture de 100% et que vous disparaissait, l’assurance remboursera le prêt à hauteur de 100% du capital restant dû. A l’inverse, si l’assurance emprunteur n’a un taux de couverture que de 50%, l’assurance remboursera le prêt à hauteur de 50% du capital restant dû. En général, la banque exige que le taux de couverture du prêt soit au minimum de 100%.

Prenons un exemple chiffré : vous avez un emprunt immobilier en cours de 200 000 € avec votre mari

  1. Votre mari est assuré à 50%: s’il décède le prêt sera remboursé à hauteur de 50% (100 000 €), il vous restera donc l’autre moitié à rembourser (100 000 €).
  2. Il est assuré à 100% : s’il décède le prêt sera remboursé à hauteur de 100% (200 000 €), il ne vous restera donc plus rien à rembourser.

Le taux de couverture fait varier le montant des cotisations d’assurance et a donc un impact non négligeable sur le coût total du prêt.

Taux de couverture : les bonnes pratiques

Quand on parle de prêt immobilier et des risques liés au décès, à l’invalidité ou à la perte d’emploi, il vaut mieux imaginer le pire.

En effet, on n’est jamais trop couvert : prévoir un taux de couverture de 200% pour un prêt immobilier joint ne paraît pas excessif.

Au contraire, cette solution est à privilégier lorsque l’on souhaite une couverture maximale. En effet, en cas de décès d’un des co-emprunteurs par exemple, le prêt serait intégralement remboursé par l’assurance et le co-emprunteur survivant n’aurait plus d’échéance à payer.

Nous pouvons aisément imaginer le soulagement que cela peut représenter dans un moment difficile comme celui-ci ! 

Taux de couverture : les mauvaises pratiques

C’est souvent sur la tête de la personne qui gagne le plus d’argent dans le couple que l’on mise tout, et pourtant c’est sans doute sur la tête de la personne au foyer qu’il faut tout miser en cas de décès !

En effet, si du jour au lendemain la personne qui travaille à l’extérieur se retrouve seul(e) pour s’occuper des enfants par exemple, il lui sera peut-être difficile de continuer son activité professionnelle dans les mêmes conditions qu’avant. Et donc de percevoir les mêmes revenus… ce qui risque de mettre en péril sa capacité de remboursement.

En conclusion

Le taux de couverture n’a rien à voir avec le taux de l’assurance emprunteur. Alors pour les mêmes garanties de remboursement si vous trouvez un meilleur taux, n’hésitez pas à changer d’assureur! Étudiez et comparez: cela peut être un bon moyen de diminuer le coût total de votre crédit.

La faculté de changer d’assurance emprunteur est une une aubaine à ne pas négliger pour les investisseurs immobiliers. Dommage que cette liberté ait un coût supplémentaire…

La souscription d’une nouvelle assurance-emprunteur est soumise depuis le 1er janvier 2019 à une taxe de 9 %. Même si cette taxe est due par la compagnie d’assurance, le montant des futures cotisations sera mécaniquement impacté.…
Notez que les contrats en cours ne subissent pas cette taxation.

Toutefois il ne faut pas oublier que cette taxe n’est peut-être que peu de choses par rapport à, dans certains cas, l’économie notable que peut générer le changement de contrat. D’autre part, il n’y a pas que le prix à prendre en considération quand on parle d’assurance. Ce n’est qu’une composante parmi d’autres, comme le niveau des garanties, les délais de carences, la qualité de la compagnie, les franchises, et les garanties offertes par le contrat.

 

Nos conseils pratiques

Étudiez les garanties de votre contrat

Avant toute chose vérifiez que les garanties de votre contrat correspondent à vos objectifs en terme de couverture. Si ce n’est pas le cas, profitez-en pour les renégocier ou changer d’assureur.

Faites des économies

Il n’y a pas de petites économies… Si pour les mêmes garanties vous trouvez moins cher ailleurs, alors n’hésitez pas à changer.