Le guide pour préparer votre retraite

Le guide pour préparer votre retraite

 

La retraite rime souvent avec perte de revenus. Et pourtant, c’est le moment où vous aurez du temps libre pour vous faire plaisir ou aider vos proches.

C’est pourquoi, il est important de bien comprendre notre système de retraite, afin de pouvoir mettre en place des solutions pour combler ses carences. À quel âge pourrez-vous partir en retraite ? Combien allez-vous percevoir ? Quelles stratégies pouvez-vous mettre en place dès aujourd’hui pour compléter le montant de votre pension ?

Nous allons vous donner les règles générales pour que vous puissiez envisager de préparer votre retraite dans les meilleures conditions.

 

À partir de quel âge pouvez-vous prendre votre retraite ?

Même si vous pouvez vous arrêter de travailler quand vous le souhaitez, le moment où vous pourrez percevoir votre pension de retraite est défini par la loi. Alors que vous attendiez votre départ en retraite avec impatience ou que vous le redoutiez, sachez que les règles sont définies par votre année de naissance et le temps que vous aurez passé à travailler (= à cotiser).

L’âge légal correspond à l’âge à partir duquel vous avez le droit de partir à la retraite (autrement dit percevoir une pension de retraite, dont le montant sera calculé en fonction du nombre d’années travaillées) tandis que l’âge du taux plein correspond à l’âge à partir duquel vous pouvez bénéficier d’une pension de retraite complète quelle que soit la durée pendant laquelle vous avez travaillé. Vous pouvez aussi bénéficier de cette retraite complète sans avoir atteint l’âge du taux plein, à condition d’avoir cotisé pendant suffisamment de trimestres.

Voici les règles applicables en fonction de votre année de naissance :

Combien allez-vous percevoir à la retraite ?

Dans notre système, les retraités ont droit à une pension calculée selon les revenus tirés de leur activité professionnelle.

Tout d’abord, sachez que plusieurs régimes coexistent. On peut distinguer deux grandes catégories :

  • Le secteur public : les droits sont calculés sur les six derniers mois de traitement (rémunération hors primes);
  • Les régimes du secteur privé : dans la plupart de ces régimes, la pension se calcule sur les 25 meilleures années.

Ensuite, la retraite comporte un régime de base et un régime complémentaire, tous deux obligatoires et c’est là leur seul point commun car leurs fonctionnements sont différents. Dans le régime de base pour les salariés du secteur privé, les droits à la retraite dépendent de la durée d’assurance (calculée en années ou en trimestres), on dit qu’il fonctionne en annuités. Alors que pour les régimes complémentaires des salariés du secteur privé, les droits se calculent en points calculés à partir des cotisations versées.

En moyenne, le montant de votre retraite de base et complémentaire correspond à 50% de votre salaire annuel moyen (SAM). Le SAM correspond à la moyenne des salaires des 25 meilleurs années que vous avez perçus pendant toute votre carrière.

Prenons un exemple :
Imaginons que Monsieur Paul a commencé sa carrière avec un salaire annuel brut de 25 000 €, pendant 5 ans.
Puis 35 000 € pendant 15 ans.
Puis 45 000 € pendant 15 ans.
Puis 50 000 € pendant 7 ans.

Son salaire annuel moyen des 25 meilleurs années est de :
(50 000 * 7 + 45 000 * 15 + 35 000 *3) / 25 = 45 200 €
Il percevra environ 21 250 € (=50% de 45 200 €) de retraite annuelle brute.

Bon à savoir :
Vous pouvez réaliser une simulation précise sur le site www.info-retraite.fr pour avoir une estimation du montant de votre pension de retraite. Ce site permet aux actifs et aux retraités, grâce à leur numéro de sécurité sociale, d’accéder à leur compte retraite, quel que soit leur régime. Chacun peut demander un RIS (relevé de situation individuelle), et pour les + de 55 ans, une EIG (estimation indicative globale).

Votre pension de retraite peut être complétée par des systèmes facultatifs, souscrits à votre initiative ou celle de votre employeur :

  • Mis en place par votre employeur :
    • PERE : plen d’épargne retraite entreprise;
    • PERCO : plan d’épargne pour la retraite collectif;
    • PERE : plan d’épargne retraite entreprise.
  • Mis en place par vous-même :
    • PERin : plan d’épargne retraite individuel.

Voici en synthèse la couverture des différents régimes actuels :

Pourquoi faut-il préparer votre retraite ?

Lors de votre départ en retraite, si vous ne faites rien, vos revenus vont diminuer d’environ 50%. De plus, les pensions de retraite sont faiblement indexées (sur l’inflation), cela signifie qu’en cas de hausse des prix, elles n’augmentent pas autant. Par conséquent, vous perdez en pouvoir d’achat. Ainsi, pour faire face à l’érosion de votre pouvoir d’achat, il faut anticiper et préparer au plus tôt votre complément de revenus pour la retraite.

Plus vous commencez tôt, moins vous aurez d’effort d’épargne à faire !

D’ailleurs, n’hésitez pas à aller voir notre vidéo sur le sujet… T’as 35 ans et t’as pas préparé ta retraite ?!

La préparation de votre retraite dépend de votre âge, de votre budget et de vos objectifs. Outre les systèmes de retraite complémentaires facultatifs, il existe multitude d’options pour préparer sa retraite. Nous allons vous aider à voir plus clair parmi ces différentes solutions.

Cerise sur le gâteau, certains dispositifs ou certaines stratégies vous permettent également de réduire votre impôt sur le revenu, ou de transmettre votre patrimoine dans de bonnes conditions juridiques et fiscales.

L’immobilier locatif

L’acquisition d’un bien immobilier en vue de le mettre en location vous permettra à la fois de percevoir des revenus complémentaires mais également de vous constituer un patrimoine. Vous pouvez recourir à l’emprunt pour acquérir votre logement ce qui vous permettra de conserver votre épargne intacte. Les loyers serviront à rembourser l’emprunt, vous ne disposerez donc de revenus complémentaires qu’au terme du prêt.
Fiscalement, les loyers diminués soit des charges déductibles (travaux, intérêts d’emprunts, assurance, taxe foncière, amortissement si location meublée…) au régime réel, soit d’un abattement au régime micro, seront taxés à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Attention, ces biens seront pris en compte pour le calcul de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Vous pouvez aussi acheter des parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier). Vous devenez ainsi actionnaire d’une société qui achète des immeubles pour les louer (logements, bureaux, locaux commerciaux…). Ce placement a l’avantage de mutualiser les risques locatifs car vous devenez propriétaire d’une partie de la société qui est elle-même propriétaire de nombreux biens immobiliers.
Fiscalement, vous serez traité de la même manière qu’avec un immeuble dont vous êtes directement propriétaire que louez vide (sans meuble).

L’immobilier défiscalisant

Ce type d’opération vous permet en premier lieu de vous constituer un patrimoine immobilier et de réduire votre imposition. Il existe plusieurs dispositifs qui ont été créés en fonction des objectifs poursuivis par le gouvernement.

En investissant dans le neuf ou l’ancien avec travaux, vous avez accès au dispositif « Pinel » qui permet d’obtenir une réduction d’impôt étalée sur plusieurs années pour un montant pouvant aller jusqu’à 21% du prix d’acquisition de votre bien. Depuis 2019 sont également éligibles à cette réduction les logements anciens faisant l’objet de travaux dans des communes où les habitations ont besoin d’être réhabilitées (Pinel Denormandie).
En contrepartie, certaines contraintes doivent être respectées concernant les normes de consommation énergétique des bâtiments, les ressources du locataire, le montant du loyer…

En investissant dans la location meublée dans certaines résidences offrant des services aux locataires, vous pouvez obtenir une réduction d’impôt égale à 11 % du prix du logement : c’est le dispositif Censi-Bouvard. En tant que propriétaire, vous devez vous engager à louer votre bien pendant une durée de 9 ans, à l’exploitant de la résidence. Il s’agit généralement de résidences étudiantes, de vacances, ou pour personnes âgées.

Attention, ces réductions d’impôt sont soumises au plafonnement global des niches fiscales* de 10 000 € par an.

*Plafonnement global des niches fiscales : mécanisme permettant de limiter le montant des avantages fiscaux à 10 000 € par an. Si le montant des avantages fiscaux obtenus sur une année dépasse ce plafond, ils sont perdus. La plupart des réductions et crédits d’impôt sont pris en compte mais certains dispositifs ne sont pas soumis à ce plafonnement.

Vous souhaitez payer moins d’impôt ? Faites le test pour connaître les possibilités qui s’offrent à vous : Comment payer moins d’impôts?

Une société patrimoniale soumise à l’Impôt sur les Sociétés (IS)

Acquérir des biens qui procurent des revenus par le biais d’une société soumise à l’IS vous permet d’optimiser la fiscalité de ces revenus, tout en vous constituant un patrimoine dont la gestion et la transmission seront facilitées.

Concrètement vous créez une société qui détiendra des biens immobiliers (immeuble ou parts de SCPI) ou des biens financiers générant des revenus qui « capitaliseront » (c’est-à-dire qui créeront eux-mêmes d’autres revenus). La société sera imposée sur les revenus perçus à l’impôt sur les sociétés au taux de 15% jusqu’à 38 120 € de résultat et 26.5% au-delà. En tant qu’associé, vous ne serez imposé que si vous percevez l’argent, c’est-à-dire qu’en cas de distribution de dividendes.

Pour financer l’acquisition des biens par la société, il existe plusieurs moyens :

  • Un emprunt bancaire souscrit par la société elle-même
  • Un apport en compte-courant d’associé : vous prêtez de l’argent à la société. Dans ce cas, si vous en demandez le remboursement, vous obtiendrez des revenus complémentaires non imposables.

En contrepartie de tous ces avantages, vous devrez tenir une comptabilité. Il n’est pas obligatoire d’avoir recours à un expert-comptable mais nous vous le conseillons afin de mieux vous protéger. De plus, les honoraires que vous verserez à votre expert-comptable seront déductibles du résultat (imposable) de la société.

Le plan d’épargne retraite (PER)

Les versements réalisés sur un plan d’épargne retraite sont déductibles de vos revenus dans une certaine limite, ce qui vous permet de réduire votre imposition, tout en préparant votre retraite.

La souscription d’un PER (Plan Epargne Retraite) est possible par tous. C’est un produit d’épargne à long terme qui vous permet d’obtenir un revenu complémentaire à la retraite. En principe, il ne peut être débloqué qu’au moment de votre départ à la retraite. Vous percevrez alors soit un capital soit une rente. Il existe toutefois des cas exceptionnels de déblocage anticipé (décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, expiration des droits à chômage, acquisition de la résidence principale…) vous permettant ainsi de récupérer votre capital avant votre départ à la retraite.

Vous pouvez consulter notre article sur le PER : Diminuer vos impôts tout en préparant votre retraite, c’est possible !

L’assurance-vie ou le Plan Epargne en Actions (PEA)

L’assurance-vie est l’outil idéal pour épargner à votre rythme en vue de préparer votre retraite. De plus, cela vous permet également d’optimiser la transmission de votre patrimoine en cas de décès.

En proposant de larges supports d’investissements, un contrat d’assurance-vie est adéquat pour valoriser un capital selon votre profil d’investisseur (allant de sécuritaire à dynamique), et d’en retirer des revenus complémentaires pour votre retraite (en effectuant des rachats) dans un cadre fiscal avantageux.

Contrairement à certains dispositifs d’épargne retraite, les sommes investies sur votre contrat d’assurance-vie sont disponibles à tout moment. En cas de besoin, vous pourrez donc retirer votre épargne, voire demander des avances (une avance est en quelque sorte un crédit que l’assureur vous consent). Fiscalement, les intérêts générés par votre contrat ne seront fiscalisés qu’en cas de retrait. Toutefois, il est à noter que lorsque le contrat a plus de 8 ans, la fiscalité en cas de rachat est avantageuse (avec l’application d’un abattement sur les intérêts de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple). Il convient donc d’ouvrir un contrat au plus tôt même si vous ne comptez pas effectuer de versements importants dans l’immédiat afin de prendre date.

Si vous avez déjà un contrat d’assurance-vie, il peut être pertinent d’en ouvrir un nouveau pour répondre à votre objectif de revenus complémentaires et garder votre ancien contrat pour privilégier la transmission à vos proches (surtout si vous avez versé les fonds sur votre contrat avant votre 70ème anniversaire).

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre article : Assurance-vie : Pour placer une somme d’argent en assurance-vie, j’ouvre un nouveau contrat ou je verse sur un ancien ?

Le PEA est un produit d’épargne permettant de vous constituer et de gérer un portefeuille d’actions dans un cadre fiscal privilégié.

Selon la nature des supports d’investissements et leur évolution sur les marchés financiers, la valeur du plan fluctue à la hausse ou à la baisse. Ainsi, contrairement aux formules d’épargne « classiques », le PEA n’offre donc pas de rendement garanti. C’est un placement risqué mais qui offre des opportunités de rendement élevé. Il convient donc d’être prudent en limitant la part de votre patrimoine investie et en diversifiant les actions dans lesquelles vous investissez. De plus, nous vous conseillons d’arbitrer votre épargne vers des supports sécurisés au fur et à mesure que vous rapprochez de la date de votre départ en retraite.

Pour en savoir plus sur ces produits d’épargne, vous consulter notre guide dédié ici.

 

En conclusion

La création de richesse n’est pas instantanée, c’est pourquoi nous vous conseillons de mettre en place très tôt des stratégies sur le long terme pour préparer efficacement votre retraite. En effet, si vous avez conscience des « lacunes » des régimes obligatoires concernant la retraite, la préparer le plus tôt possible vous permettra d’obtenir, le moment venu, des revenus correspondant à vos besoins.

Certains grands principes doivent être appliqués comme la diversification de vos biens (immobiliers, financiers…), la sécurisation de vos avoirs (plus ou moins risqué en fonction de votre horizon de placement…), l’optimisation de votre fiscalité, ainsi que les modes de détention de vos biens…

Quelle que soit la stratégie envisagée, il est préférable de vous rapprocher d’un professionnel du conseil en organisation patrimoniale afin de vérifier si celle-ci est adaptée à vos besoins, vos contraintes et vos objectifs ainsi que votre situation personnelle.

En deux mots, en matière de retraite, mieux vaut s’y prendre tôt…

Nos conseils pratiques

L’anticipation est la clef de la réussite !

Plus tôt vous commencez à préparer votre retraite en réalisant des investissements, mieux ce sera.

Sécurisez vos avoirs au fur et à mesure que vous approchez l’âge de la retraite.

Vous pouvez vous permettre de prendre des « risques » tant que votre horizon de placement est lointain. Toutefois, plus vous vous en approchez, plus vous devez réduire votre exposition au risque.